Edito janvier 2010

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Cher(e)s collègues,                                                                       

2010 . Une nouvelle année mais pas de nouvelles résolutions venant de notre ministre de l’Agriculture !


À quand un véritable changement de politique agricole qui serait plus respectueux de la terre et de sa faune dont fait partie notre abeille ? Quand viendra ce changement ? Au prochain remaniement gouvernemental, à la prochaine et fulgurante prise de conscience de certaines de nos élites, à la prochaine mobilisation des citoyens (informés par nos soins) contre un trop plein de pesticides dispersés dans la nature ?


Malheureusement, pour l’instant pas de changement. Alors nous avons les mêmes problèmes qui reviennent et contre lesquels nous devons lutter : Cruiser ® , luttes obligatoires, intox sur lavande ; et puis aussi de « nouveaux » comme la désinsectisation préconisée contre la Fièvre Catarrhale Ovine (FCO) , les plantes mutagènes…

Nous devons être présents sur beaucoup de fronts. La « nouveauté » au niveau régional depuis quelques années, c’est que nous , apis SAPRA , sommes de plus en plus reconnus par les politiques ; nous sommes de plus en plus invités à participer à des réunions avec des agris et les DDAF par exemple , où nous pouvons exposer nos revendications.

D’ailleurs si lors de ces rencontres avec l’Administration, le SAPRA est plus visible, plus présent et plus actif, c’est grâce au travail de longue haleine de nos anciens administrateurs et de tous nos anciens présidents. Je tiens à les remercier ici, chacun, d’avoir tenu bon et d’avoir porté l’action syndicale jusqu’à nous. Nous la continuerons.


Nous veillerons fortement à ne pas nous laisser endormir ou distraire par des réunions creuses où l’on nous occuperait pendant que rien ne change sur le terrain.


D’aucuns s’étonneront que j’aborde peu les questions sanitaires (varroa, loques, et autre frelon) dans cet édito.Je répondrai que l’ADARA est là pour ça. La profession, à travers les ADAs, entre autres, pousse les scientifiques à travailler contre varroa. Espérons des résultats concrets et efficaces.

Si je parle tant de mutagènes, de deltaméthrine et de tiaméthoxam c’est que nous devons nous battre pour que nous ayons encore concrètement de la place où mettre nos ruches. Certains d’entre nous sont moins touchés par ces phénomènes, mais d’autres voient leurs possibilités d’emplacements se réduire de plus en plus. Il n’est pas dans l’intérêt de la profession que subsistent quelques réserves d’abeilles et d’apiculteurs. Ça n’est dans l’intérêt de personne de sensé.


En défendant notre profession, nous nous inscrivons naturellement dans ce grand mouvement qui lutte contre une certaine idée de la politique du court terme, irrespectueuse de l’environnement et des personnes. Et nous ne sommes pas seuls, c’est encourageant ! Nous nous retrouvons sur certains sujets avec les ONG environnementales, avec les associations et
les citoyens.


Alors pour revenir au changement que j’évoquais au début de mon édito, je ne sais quand viendra ce changement de politique.
Ce que je sais c’est que nous ne l’attendrons pas, ce que je sais c’est qu’un jour avec nos modestes actions, avec nos modestes moyens, ce changement viendra. Ce que je sais, c’est qu’à nous tous nous l’aurons provoqué.


Force et santé à tous,
Olivier DAVID,
Président du SAPRA